Culture japonaise - Les rites funéraires au Japon
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La loi japonaise impose le recours à la crémation des personnes décédées.
Selon les préceptes bouddhistes, des cérémonies on lieu le 7ème jour après la mort, puis le 35 ème jour et enfin le 49ème jour. Ce dernier marque la fin du deuil et l’enterrement de l’urne au cimetière dans la tombe familiale.

Les cendres peuvent être également disséminées dans l’océan ou dans les montagnes.
Des cérémonies seront ensuite effectuées à l’occasion du 1er et du 3ème anniversaire de la mort.
Le montant des frais des obsèques est de 4 millions de yens soit 30 000 euros ; ce coût relativement élevé étant du au manque de place dans les cimetières, le tout étant lié à une population très dense (3 372 hab/km2).

Les croyances dominantes au Japon sont le Bouddhisme et le Shintoïsme et les cérémonies funéraires sont très marquées par ces deux courants religieux.

Après le décès, les proches du défunt procèdent au « Matsugo no mizu » (l’eau du dernier moment) en humidifiant les lèvres du défunt afin que celui-ci « se réincarne », puis la famille dispose une table à côté du décédé sur laquelle sont placés, selon un ordre bien défini partant de la gauche vers la droite, des fleurs, de l’encens et une bougie : c’est Makura-kazari (la décoration de l’oreiller).
Ces rituels se déroulent durant la veillée funéraire (O-Tsuya). Les proches du défunt se réunissent pour le consoler car celui à du mal « à partir ».

Un chapelet bouddhiste, le Juzu, composé de 108 perles et représentant les 108 karmas est placé dans les mains du disparu, son but étant de faire en sorte que son âme renonce aux désirs humains afin de pouvoir atteindre la vertu.

Parfois, un couteau est placé sur la poitrine du défunt pour éloigner les mauvais esprits. Un sac rempli d’argent est également mis auprès du corps, permettant ainsi à l’âme du disparu de traverser le fleuve de la mort, le Sanzu no Kawa, situé entre les deux mondes, celui des vivants et celui des morts.

A l’origine la tenue traditionnelle de la veillée est blanche mais avec l’ouverture du Japon sur l’occident, la tendance est maintenant à la couleur noire.

Un moine bouddhiste, le Soryo, est appelé pour la cérémonie. C’est ce moine qui lira un sutra pendant la veillée et attribuera un nom posthume au défunt (Kaimyo).

Au cours de la cérémonie, les participants de l’O-Tsuya offrent de l’encens, destiné à obtenir l’aide des bons esprits, et de l’argent dans une enveloppe noire ou grise. L’assemblée prie pendant que le moine récite le sutra ; à la fin de sa lecture, le cercueil est fermé et la veillée funéraire s’achève.
Pour conjurer le mauvais sort, les personnes ayant participé à l’O-Tsuya s’aspergent de sel purificateur (Kiyome-shio) avant de rentrer chez eux.

Arrive ensuite le moment de la crémation. C’est aux membres de la famille que revient le devoir de faire glisser le corps du disparu dans la chambre crématoire. A la fin de la crémation, les os et les cendres du défunt sont récupérés à l’aide de baguettes, en commençant par les pieds puis en remontant pour finir par le crâne, et sont placés dans l’urne funéraire.
Cette méthode de récupération des os a pour but d’éviter que le défunt ne se retrouve la tête en bas dans l’urne.

Le contenant est ensuite placé pendant 49 jours sur un autel dans la maison familiale.
Pendant cette période, le Soryo va prier le 3ème, 7ème, 21ème et 49ème jour pour guider l’âme du défunt.

La crémation est très répandue au Japon d’une part parce qu’un décret obligent les japonais à sa pratique mais également parce qu’il est honteux pour un japonais d’exposer un corps à la souillure de la putréfaction, cette pratique étant réservée durant le Japon féodal aux condamnés à mort.
Passé les 49 jours, l’urne est transportée au caveau familial où reposent déjà d’autres membres de la famille. Cette tombe se nomme Haka.

Elle se compose d’une stèle en pierre au pied de laquelle se trouve un bac permettant le dépôt de fleurs et d’encens ; ce mausolée surplombe une crypte où sont déposées toutes les urnes funéraires de la famille.
Le nom de la personne ayant acquis le caveau est gravé sur le côté du monument en pierre. Les noms des défunts figurent sur la face de la pierre. De plus en plus souvent, le nom du défunt est écrit sur une pièce de bois (le Sotoba) qui est placée à côté du caveau.

Dans les cimetières, sur certains monuments, on constate parfois des caractères peints en rouge sur la pierre dominant le caveau. Ce sont les tombes de personnes mariées et qui sont décédées laissant un époux ou une épouse. Le nom de ce conjoint est alors gravé sur la pierre et peint en rouge.

Cette pratique dénote une volonté du conjoint survivant de retrouver « l’autre » dans la tombe l’heure venue. Au décédé du second conjoint, la peinture est alors effacé laissant place à la gravure.
Très romantique, cette pratique n’est plus guère suivie de nos jours…

« Parfois, vivre est un acte de bravoure » Sénèque.

« A la mémoire de tous ceux qui nous ont quittés durant l’année 2014. »

Marino pour ojapon

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