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Le terme Yûrei s’applique à tous les esprits des morts. Il signifie esprit du monde des ténèbres alors que Shiryô s’emploie pour l’esprit d’un mort et Môja pour un défunt.

Lorsqu’un fantôme se retourne vers le mal, on le nomme Akuryô ou Akurei (esprit maléfique).
La croyance populaire japonaise annonce qu’après le décès, les âmes des défunts se dirigent vers des mondes divers que l’on nomme le Pays des Racines (Ne no kuni) ou le Pays de Yomi, vers les paradis bouddhiques ou bien encore vers les enfers.

Pour ces fantômes, il leur est tout à fait possible de passer d’un monde à l’autre et de vivre dans un corps de chair comme les vivants. Caractéristiques classiques du fantôme japonais : il n’a pas de pieds et est invisible !

La tradition taoïste explique qu’au décès d’une personne, son âme (Konpaku) se sépare en 2. La première partie nommée le Kon se hisse vers les cieux alors que la seconde, le Haku, rejoint la terre. Lorsqu’une personne décède suite à un suicide, son Haku devient fantôme !

Les caractères chinois pour « fantôme » et « revenir » se prononcent « Gui », « Ki » en japonais. Il existe plusieurs sortes de Ki. Les Ikiki sont les Ki de personnes qui se sont suicidées alors que les Reiki sont des défunts qui n’auraient pas eu de service funéraire.

On dénombre plusieurs genres de fantômes. Les Ikiryô, contrairement aux Shiryô, sont des esprits vivants. C’est la matérialisation de la rancœur intense d’une personne envers une autre. Le ressentiment est tel que l’Ikiryô prend vie et s’attaque à l’objet du courroux. Mais d’autres émotions peuvent produire un Ikiryô comme la jalousie, la haine ou l’envie.

On reconnait facilement une personne victime d’un Ikiryô car ses épaules sont très courbées et elle se sent constamment fiévreuse. Son esprit est embrumé et elle n’arrive plus à dormir, la maladie la gagne parfois même la mort…

Un autre type de fantôme existe ! Certains individus sont pourvus d’un esprit divin dès leur naissance. Ce sont les Shinrei. Ces personnes doivent faire usage de leur esprit divin pour le bien des autres et non pour leur bien personnel ! Cependant si l’avidité de pouvoir ou la bassesse de l’homme envahissent ces êtres, l’esprit divin quitte le corps qu’il occupe et devient alors un terrible Onryô (spectre vengeur). Esprit supérieur, ses malédictions peuvent faire de grands ravages…

Certains Onryô ont la rancune tenace et plus la rancune est forte, plus la malédiction est terrifiante ! Si l’Onryô était un homme de rang élevé avant son décès, on emploie pour le désigner le terme Goryô (honorable esprit).

Sous l’ère Heian, on pensait que les plus grandes épidémies étaient l’œuvre de malédictions lancées par des Goryô. Pour les calmer, des cérémonies en leur honneur étaient alors organisées.

Il arrive parfois que l’âme d’une personne qui décède se sépare de son enveloppe charnelle. Elle reste un moment sur le lieu du décès mais au moment de passer dans l’autre monde, elle peut rester accrochée au monde présent. Elle devient alors un fantôme et reste en suspension, flottant pour toujours.

On appelle ces fantômes les Fuyûrei (fantômes flottants). Certains sont si puissants qu’ils peuvent posséder une personne vivante. Malheureusement, les personnes sous le coup de cette possession tombent généralement malade et peuvent en mourir.

Un autre type de fantôme sévit, on l’appelle Boryô (le fantôme nostalgique). C’est le cas des humains qui décèdent sans rancœur mais qui sont encore trop reliés au monde terrestre. Lorsqu’une personne trépasse après avoir eu une longue vie bien remplie, elle peut devenir un Sorei (esprit des ancêtres). Pour cela, elle doit avoir des descendants qui lui rendent un culte au bout de 33, 49 ou 50 ans après ses funérailles. Le Sorei sera par la suite prié en tant que divinité protectrice veillant sur les vivants.

Du 12ème au 15ème jour du 7ème mois, lors du festival O’bon, cet esprit alors pourra quitter l’autre monde pour visiter les vivants. Pour que l’âme trouve son chemin, des lanternes doivent être placé sur sa route par ses descendants.

Lors de sa visite aux siens, il prend le nom de Shôryô (Sainte âme) et l’action de l’inviter se nomme le Shôryô-matsuri.

Néanmoins, les descendants doivent veiller à toujours rendre un culte à cet esprit saint faute de quoi il redeviendrait un Yurei qui hanterait les lieux.

Heureusement, les Shôryô-okuri ou le Shôryô-nagashi sont des cérémonies qui permettent à l’âme de redevenir un Shôryô et de regagner tranquillement son monde à la fin du Shôryô-matsuri.

Marino pour ojapon.com

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