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Culture japonaise - Le Butô




Le Butô ou « danse du corps obscur » fit son apparition dans les années 1960 fondé par Tastsumi Hijitaka en collaboration avec Kazuo Ohno.

La naissance de cet art, en fracture avec l’art traditionnel, dérange dans ce Japon d’après guerre.
Le Butô est le fuit d’une résistance sociopolitique et d’une avancée artistique énorme d’un Japon en recherche de son identité.

Il traduit une volonté de changement radical, à revenir à l’être humain, après les atrocités commises et endurées par le pays pendant le conflit de la seconde guerre mondiale.

La danse se caractérise par son minimalise aussi bien dans la tenue du danseur que dans celui de la scène sur laquelle il se produit. Les gestes sont lents et emprunts de poésie ; le tout s’effectuant en quasi obscurité dans un environnement vide avec un danseur nu, le corps couvert uniquement de peinture blanche et le crane entièrement rasé.

La danse, dans son coté épuré, s’imprègne du Bouddhisme et du Shintoïsme, invitant à réveiller ce qui se cache au plus profond de l’être et prône l’harmonie entre l’homme et la nature.

Très controversé, spécialement par les thèmes qu’il aborde, le Butô n’a pas trouvé de suite son public japonais et c’est surtout à l’étranger que la pratique est reconnue par un mouvement avant-gardiste occidental. Kinjiki (couleur interdite), la célèbre pièce d’Hijikate inspirée du roman de Yukio Mishima est un véritable appel au scandale. Mais là aussi, l’accueil sera partagé ; Mishima lui-même encensa Hijikata et participa à susciter l’intérêt des avant-gardistes, favorisant ainsi la montée du Butô.

Kazuo Ohna compta parmi les premiers élèves de Hijikata. Son fils, Yoshito Ohno suivra ses pas et continue aujourd’hui encore à enseigner le Butô dans l’école créée par son père. Il est en quelque sorte la mémoire vivante de cet art.

Une nouvelle vague de danseurs arrivent par la suite et notamment Yoko Ashikawa, élève et principale danseuse de Hijikata, ainsi que Natsu Nakajima ou Akira Kasai… Atsuki Takenouchi, Gyohei Zaitsu et d’autres talentueux danseurs suivront encore !

Le mouvement Butô, a depuis, un peu évolué vers une danse contemporaine dite « d’inspiration Butô ». Des danseurs comme Carlotta Ikeda et Ushio Amagatsu ont fortement contribué à son exportation en occident.

Véritable trésor du patrimoine culturel japonais, un fond documentaire rassemblant les enregistrements des prouesses sur scène de Tastumi Hajitaka sont à présent détenus à l’université de Keio à Tokyo.

Le Butô est même désormais utilisé comme méthode de méditation pour libérer l’individu de ses blocages par les mouvements, le concept alliant aussi bien la respiration, le corps et l’éveil des sens (voir la méthode de Martino Nicoletti danseur et anthropologue).

Au final, le Butô est bien plus qu’une forme d’expression scénique, c’est aussi l’art de se faire du bien au corps et à l’esprit.

A pratiquer sans modération !

Marino pour ojapon.com

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