Culture japonaise - Les Burakumin
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Culture japonaise - Les Burakumin




A l’instar des « intouchables » indiens, les Burakumin font partis de cette castre dite « impure ». Littéralement nommés « Communauté du hameau », ces personnes classées durant l’époque féodal sous le terme de « paria » sont une minorité sociale encore très discriminée de nos jours.

Les Burakumin sont classifiés en 2 communautés distinctes : les Eta ou « pleins de souillures » et les Hinin, les « non-humains ».

Ces deux groupes forment la minorité la plus importante de l’archipel avec les Aïnous de Hokkaido.
Les Burakumin supportent depuis le moyen âge une ségrégation importante. Les Eta sont des parias par hérédité. On naît Eta et on reste Eta toute sa vie ! Ce qui signifie : aucune évolution sociale possible. Ils ont cependant le monopole pour les métiers dits répugnants, touchant de près ou de loin à la mort d’animaux et au sang (boucher, équarisseur, employé d’abattoir ou tanneur).

Les Hinin regroupent plutôt les gens du spectacle tel que les saltimbanques et les troupes ambulantes, les pauvres, les condamnés, les geôliers ou les employés de pompes funèbres. Contrairement aux Eta, les Hinin ont la possibilité d’évoluer.

La différenciation sur cette minorité ne date pas d’hier et le Shinto, religion principale de l’île, n’est pas étranger à cela. En effet, le shintoïsme considère toutes activités liées au sang comme une souillure et c’est malheureusement les seuls métiers réservés aux Burakumin. Le Bouddhisme juge les Barakumin de la même manière car il condamne la mise à mort d’animaux qui sont considérés comme des êtres sensibles.

La distinction est telle que dans les années 1870, un Burakumin devait s’écarter des routes s’il croisait des personnes dites normales. Il leur était également interdit de rester en ville après la tombée de la nuit et d’y manger et boire !

Heureusement, lors de la Restauration de Meijin, les systèmes de castres féodales sont abolis. Les Burakumin, libérés, peuvent alors s’inscrire sur les registres d’état civil. A contrario, les Burakumin vont perdre le privilège qu’ils avaient sur les métiers de la tannerie et du cuir. Conséquences fâcheuses, la communauté s’appauvrit alors très vite n’ayant plus de moyen de subsistances.

Porter les poids de ses origines est parfois très difficile. Les Burakumin tentent par tous les moyens d’effacer les traces de cette généalogie « honteuse ». C’est sans compter sur l’existence des « Chimei Sokan », des annuaires regroupant les personnes issues de la communauté Burakumin.

Cette minorité compte à l’heure actuelle plus de 2 millions d’individus, peut être plus, regroupés dans des ghettos à Osaka et Kyoto. Cette tranche de la population est la plus pauvre et pour la comptabiliser, le gouvernement se sert du fait qu’ils sollicitent les aides gouvernementales pour subsister à leurs besoins.

Cependant, les Burakumin ne vivent pas tous dans la misère et ne sollicitent pas non plus tous des aides financières, préférant parfois les difficultés financières que d’être reconnu Burakumin.
D’après les chiffres, 70% des Burakumin sont membres de clans Yakuza.

Des écrivains comme Toson Shimazaki, auteur de Hakai et Kenji Nakagami dans son récit Misaki se sont penchés sur l’histoire et les conditions de vie des Burakumin. Ils ont contribués à mettre en avant les difficultés rencontrées par la communauté souvent mise en marge de la société.

Dans une civilisation où l’économie industrielle et la technologie de pointe changent à pas de géant, il est triste de constater que les mentalités n’évoluent pas à la même vitesse. Aujourd’hui encore on identifie un groupe de personnes par leur origine au lieu de les considérées tout simplement comme des Hommes à part entière !

Marino pour ojapon.com

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