Chaque automne, les Japonais prennent le temps de regarder la lune. Cette coutume s’appelle O-Tsukimi, littéralement « regarder la lune ». Elle tombe le plus souvent en septembre, parfois début octobre.
Voici d’où elle vient, comment elle se calcule et ce que l’on mange ce soir-là.
Une fête venue de Chine
D’après l’Observatoire astronomique national du Japon, l’habitude d’admirer la lune de la mi-automne serait arrivée de Chine à l’époque Heian. En Chine, le quinzième jour du huitième mois était déjà consacré à la lune.
Au Japon, la fête s’est ensuite liée au calendrier agricole. On l’appelle parfois imo meigetsu, la « lune des tubercules », en lien avec les récoltes d’automne.

Comment se fixe la date
La lune de la mi-automne, chūshū no meigetsu, correspond au 15e jour du 8e mois de l’ancien calendrier lunisolaire. On parle aussi de jūgoya, « la quinzième nuit ».
Ce calendrier a été abandonné en 1872. La date tombe donc chaque année à un jour différent de notre calendrier. Voici les dates publiées par l’Observatoire :
2025 : 6 octobre
Activités à cours de cuisine japonaise Tokyo
2026 : 25 septembre
2027 : 15 septembre
2028 : 3 octobre
Pas toujours la pleine lune
Surprise pour beaucoup de visiteurs : la lune de jūgoya n’est pas forcément pleine. En 2026, elle tombait le 25 septembre alors que la pleine lune astronomique avait lieu le 27 septembre à 1 h 49. Un écart de deux jours reste rare.
La fête suit en effet le calendrier, et non l’instant exact de la pleine lune.

Le jūsanya, une seconde nuit propre au Japon
Le Japon a ajouté une coutume absente de Chine : le jūsanya, la « treizième nuit » du 9e mois lunaire. On l’appelle aussi kuri meigetsu, la lune des châtaignes, ou mame meigetsu, la lune des haricots. En 2026, elle tombait le 23 octobre.
Associée à la lune de septembre, elle forme ce que l’on appelle futayo no tsuki, « la lune des deux nuits ».
Les offrandes et les plats
Le soir de la fête, on dispose près d’une fenêtre ou sur une véranda des tsukimi dango, petites boules de riz blanches empilées. On y ajoute des tiges de susuki, l’herbe des pampas japonaise, qui rappellent les épis de riz.
Les châtaignes, les patates douces et le taro complètent souvent les offrandes. Dans les restaurants, cherchez les plats « tsukimi » : udon ou soba garnis d’un œuf dont le jaune évoque la lune.

Le lapin de la lune
Au Japon, on ne voit pas un visage dans la lune mais un lapin qui pile du mochi. Ce motif décore les gâteaux et les emballages vendus pendant la saison.
Où admirer la lune en voyage
De nombreux temples et jardins organisent des soirées d’observation, parfois avec musique traditionnelle ou promenades en barque sur un étang. Les programmes changent chaque année. Consultez le site du lieu avant de partir et prévoyez de réserver si une billetterie est annoncée.